REPUBLIQUE OU DEMOCRATIE : IL FAUT CHOISIR !
par Johan Isselée
« Il devient indispensable que l’humanité formule un nouveau mode de pensée
si elle veut survivre et atteindre un plan plus élevé. »
(Albert Einstein)
La crise civilisatrice que traverse le monde exprime le besoin urgent d’un changement des mentalités par l’intégration d’un niveau de conscience plus unitaire, plus élevé.
De gré ou de force, l’humanité devra quitter ses anciens repères traditionnels sécurisants, religieux, philosophiques et politiques dont la fonction était de canaliser et de guider les consciences dans leur lente évolution vers l’autonomie spirituelle, indispensable à la responsabilisation tant individuelle que collective.
L’idéal démocratique et la Déclaration universelle des droits de l’Homme, aboutissement de la philosophie des Lumières, qui étaient sensés être l’axe et le mobile évolutif de nos sociétés, ont été trahis, quasiment anéantis. Le rouleau compresseur du mondialisme économique, liberticide pour l’individu, tue dans l’oeuf la démocratie naissante. Ce qui met en évidence que notre République laïque est le terrain d’une gigantesque manipulation anti-démocratique au service de l’instauration de la dictature planétaire du Nouvel Ordre Mondial.
Il y a une différence fondamentale entre République et Démocratie. Toutes les deux désignent des structures sociales basées sur le gouvernement du peuple par le peuple, mais fondent leurs principes et structures sur deux niveaux de conscience différents. Pour y voir plus clair, il suffit de considérer ces deux notions à la lumière de leur contraire, la république s’oppose au royaume, la démocratie à la théocratie.
La République se réfère au subconscient, c’est-à-dire au désir et à la recherche de pouvoir, la Démocratie fait appel à l’Inconscient universel (fondement impersonnel et unitaire de toute conscience personnelle) qui inspire la sagesse et le désintéressement.
A l’origine, les royaumes se formaient autour de la personnalité du roi ; on considérait qu’il était de sang, donc d’origine différente de ses sujets, il était leur coeur et leur esprit, le symbole vivant de leur unité : « Nous, le Roi ». D’après certaines sources, la race royale serait d’origine « divine » issue d’un mélange d’extra-terrestres et de terrestres et qui se reconnaissait par des particularités physiques (voir l’histoire des Mérovingiens). Quoi qu’il en soit, le royaume se construisait autour de la personnalité et du désir du roi qui faisait office de Loi : « Que veut le roi, le veut la loi ». Le roi était le propriétaire du royaume, le suprême juge ayant droit de vie et de mort sur ses sujets et donnant à son règne les caractéristiques culturelles de sa propre personnalité ; il y eut des règnes belliqueux, d’autres où les arts fleurirent et d’autres où les sciences et l’économie tinrent une grande place.
La république, qui refuse toute légitimité politique au sang et à la filiation, se construit et se développe autour du désir du peuple. Désirs divergents qui défendent souvent des intérêts contradictoires : spiritualistes-matérialistes, traditionalistes-progressistes, individualistes-collectivistes, clivages d’où sont nées les classiques « droite » et « gauche » caractérisées par le libéralisme-capitalisme et le collectivisme-communisme. Ainsi, la gestion d’une république démocratique devient une conflictualité réglée par la voix des urnes où la minorité se soumet au désir de la majorité… en attendant sa revanche. Telle que l’actualité nous le démontre, l’âme humaine étant ce qu’elle est et l’hégémonie mondialiste aidant, ce régime devient le terrain d’un simple jeu de « pousse-toi-que-je-m’y-mette », le résultat des votes ne profitant qu’à ceux qui, avec l’appui de lobbys et de sociétés secrètes, imposent leur idéologie, leurs principes et leurs hommes-clés. Système anti-démocratique dans lequel une élite autoproclamée impose directement et indirectement sa vision des choses à l’ensemble de la société, utilisant le « droit de vote » pour légitimer sa volonté de domination.
La démocratie représentative que nous connaissons n’est en fin de compte qu’une gigantesque duperie qui donne le pouvoir non pas aux citoyens mais à leurs « représentants », lesquels par la force des choses se soumettent à l’idéologie dominante, sinon ils sont marginalisés, voire diabolisés.
La théocratie et son contraire – la démocratie – ont toutes deux le même fondement : le plan spirituel, l’Inconscient universel. Elles partent de la reconnaissance qu’Esprit et Matière sont les deux expressions, les deux polarités opposées de la réalité-une. L’Esprit – le plan des énergies pures, fondement de la conscience – est l’expression la plus subtile de la matière, tandis que la matière est la forme la plus dense de l’Esprit. Selon cette approche non dualiste de la réalité phénoménale, l’homme peut réaliser sa cohérence individuelle et collective en allant de l’Esprit vers la matière ou de la matière vers l’Esprit.
Dans la théocratie, qui emprunte la première voie, l’autorité suprême, le pontife, le prêtre, le prophète, l’initié – grâce à sa réceptivité psychique – est supposé traduire pour les masses encore engluées dans l’animalité, voire dans la bestialité, la Loi du plan universel de la conscience : Tout est Un, tout est interdépendant. Ainsi naissent les croyances, les religions et les morales adaptées au temps, au lieu et au niveau d’évolution. Ce système par nature très hiérarchisé a donné naissance aux castes et aux religions correspondantes, souvent liées traditionnellement à des métiers ou à des fonctions sociales.
La démocratie cherche à instaurer l’unité entre les deux polarités en partant de la matière vers l’Esprit, et trouve son origine dans un schisme religieux qui eut lieu aux Indes environ 3000 ans avant notre ère. Pour éviter tout affrontement sanglant avec les théocrates, les démocrates immigrèrent massivement (fait connu sous le vocable de l’invasion des pasteurs). Ces populations immigrées furent à l’origine de l’Empire babylonien au Moyen-Orient.
Des religions et des systèmes évolutifs démocratiques, tant exotériques qu’initiatiques comme le culte de Cybèle et d’Attis et le Mithracisme, ont rapporté, à travers la maçonnerie anglaise jusque dans nos mairies, le fameux bonnet phrygien, symbole initiatique et religieux, couvre-chef de l’homme unifié, celui qui a réalisé en lui le mariage entre les forces cosmiques et terrestres.
La démocratie que le monde attend, bien plus qu’un simple système de gestion sociale, se révèle être en même temps un système initiatique d’éveil collectif qui fait appel à l’Inconscient universel, racine identitaire de toute conscience personnelle. C’est ce plan d’identité spirituelle, intérieur et individuel, qui devient la référence commune, l’autorité en soi, réel fondement de la liberté et de la dignité humaine. Dans une démocratie c’est par le mariage des contraires, du conscient à l'inconscient, que se réalise l’individualité, en même temps que l’unité du peuple et de l’humanité.
C’est à ce plan de conscience que se réfère l’article 353 du Code de procédure pénale qu’évoque le juge lorsque qu’il demande aux témoins de jurer, de « dire la vérité, toute la vérité » et qu’il invite les jurés à s’interroger « dans le silence et le recueillement »…, « dans la sincérité de leur conscience », Soi profond qui de toute évidence se situe au-delà de tout désir personnel et qui, dans une démocratie, devient la référence pour la gestion de toutes les affaires de la cité.
Ainsi, la Démocratie permet l’évolution des consciences et l’épanouissement personnel, d’où découle une authentique citoyenneté, une citoyenneté autonome et responsable, au-delà des clivages et des luttes partisanes, en dehors de toute idéologie et autoritarisme clérical ou étatique.
L’approche démocratique du sens civique stimule l’évolution des consciences sur le chemin de la libération intérieure et de ce fait elle se distingue fondamentalement de l’approche républicaine qui est purement idéologique : « Les Républicains, héritiers des idéologues, ont toujours considéré que l’éducation avait un rôle primordial dans la formation intellectuelle du futur citoyen. Cela nécessite évidemment la transmission des idées des Lumières mais aussi l’apprentissage du positivisme qui se traduit par l’apparition d’un esprit critique et rationnel. Jules Ferry, disciple spirituel d’Auguste Comte, le fondateur de la pensée positiviste, s’attachera toujours à ce que l’école républicaine et laïque suive ce modèle. Dès lors, l’école devient une formidable machine à produire des citoyens sans veiller à un quelconque épanouissement des enfants mais cherchant avant tout à inculquer des valeurs humanistes, la fameuse morale républicaine. Déjà, des libéraux comme Tocqueville avaient critiqué cette démarche dans laquelle ils pensaient voir le germe du despotisme. Mais les républicains ont toujours estimé que de telles méthodes étaient néanmoins nécessaires pour garantir une formation intellectuelle de haut niveau à chaque citoyen et ainsi assurer le respect des droits de l’Homme et des libertés individuelles. »*
Le régime social qui respecte la liberté originelle intrinsèque de l’homme et lui permet d’évoluer en respectant l’intégralité de son individualité est la Démocratie directe, à la condition expresse que, par une éducation adéquate, on éveille dès la prime jeunesse les consciences à leur racine identitaire commune : l’Inconscient Universel ou Soi profond, plan unitaire et impersonnel de la conscience, dont chaque conscience personnelle est une expression diversifiée.
L’HUMANITE EST UNE EN CONSCIENCE.
Elle ne peut évoluer harmonieusement que si chacun porte selon ses aspirations légitimes et ses réelles aptitudes sa juste part de responsabilité.
* Notes de lecture – Janvier 1996 – par Sarah Marston-Nicholson
et Jérôme Bouteiller sur « L’idéologie républicaine en France » par Claude Nicolet.
Source : NON à la GUERRE
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